Accueil Devenir Mangaka (45) Manga (117) Comics (8) Anime (12) Webtoons (4)
Manga

Commencer les comics X-Men : quel album acheter en premier, et comment lire le rayon

Kenji · 12 min de lecture
Commencer les comics X-Men : quel album acheter en premier, et comment lire le rayon

Un volume, 7,99 €. Astonishing X-Men tome 1, de Joss Whedon et John Cassaday, collection Marvel Poche chez Panini : 320 pages, les douze premiers épisodes de la série américaine lancée en 2004. Aucun prérequis. L’histoire démarre sur la reconstitution de l’équipe, et il faut la lire en entier avant d’acheter quoi que ce soit d’autre.

Le tome 2 referme le récit. Sous-titré « Invincible », il fait 344 pages à 9,99 € et contient les épisodes 13 à 24 plus un Giant-Size. Comptez 17,98 € pour vingt-cinq épisodes et une histoire qui finit vraiment.

Pourquoi le rayon décourage

Les X-Men paraissent aux États-Unis depuis septembre 1963, sous les signatures de Stan Lee et Jack Kirby. Marvel n’a jamais publié une seule série mutante à la fois. Aucun lecteur ne suit tout. L’écart s’est même creusé avec les années : une dizaine de titres tournent aujourd’hui en parallèle, les personnages passent de l’un à l’autre, et un même mois de production se répartit sur sept fascicules.

En France, Panini détient la licence Marvel depuis janvier 1997. Un titre X-Men absent de son catalogue n’existe pas en version française, ce qui simplifie la recherche. Le reste la complique. Panini range ses albums par format et jamais par ordre de lecture, si bien qu’un même récit se retrouve dans trois collections à trois prix, l’emballage décidant du tarif bien plus que le contenu.

Par quel album entrer

Une seule ligne du tableau vous concerne. Celui qui repart de la librairie avec les trois volumes pour comparer n’en finira aucun.

Ce que vous cherchez

Ce que vous achetez

Ce qu'il y a dedans

Une équipe moderne, tout de suite, sans arriérés

Astonishing X-Men tome 1, Whedon et Cassaday, Marvel Poche, 7,99 €

Les épisodes 1 à 12 de la série de 2004, 320 pages

Le classique, celui dont tout le monde parle

X-Men : La Saga du Phénix Noir, Claremont et Byrne, Marvel Must-Have, 14,95 €

Uncanny X-Men 129 à 137, parus en 1980

Un récit fermé, pour tester en une soirée

X-Men : Dieu crée, l'Homme détruit, Claremont et Brent Anderson, 16 €

Un roman graphique de 1982, 96 pages

Entrer par 2004 : une équipe de cinq, et beaucoup de dialogue

Marvel confie en 2004 une nouvelle série à Joss Whedon, alors connu pour la télévision, et à John Cassaday. La consigne tient en deux points. Cinq personnages plutôt que quinze, et une intrigue qu’on peut suivre sans avoir rien lu. Cyclope et Emma Frost reprennent l’institut, l’équipe se reforme autour de Wolverine, Kitty Pryde et le Fauve, et une firme annonce avoir mis au point un remède au gène mutant.

C’est la recommandation qui revient partout, et elle est méritée. Le format poche coûte le prix d’un sandwich, les deux tomes couvrent l’intégralité du récit, et vous savez où aller ensuite avant même d’avoir fini le premier.

Entrer par 1980 : le récit dont tout le monde parle

Jean Grey fusionne avec une entité cosmique, gagne une puissance sans limite, et l’équipe se retrouve à défendre l’une des siennes contre un empire entier. L’histoire tient en neuf épisodes. Elle sort en France sous le titre X-Men : La Saga du Phénix Noir, en Marvel Must-Have, à 14,95 € depuis décembre 2020, et couvre les numéros 129 à 137 de la série de 1963.

La suite immédiate existe dans la même collection, et c’est une bonne nouvelle qu’aucune quatrième de couverture ne signale. X-Men : Futur Antérieur, paru en septembre 2023 à 19 €, contient les épisodes 138 à 143. Les deux albums s’enchaînent numéro par numéro, sans trou. Soit 33,95 € pour les deux récits les plus cités de la franchise, lus dans l’ordre où ils ont paru.

Entrer par 96 pages qui tranchent

Dieu crée, l’Homme détruit se lit sans rien connaître. Un révérend lance une croisade contre les mutants, capture le professeur Xavier, et les X-Men doivent s’allier à Magnéto pour l’arrêter. Chris Claremont et Brent Anderson l’ont publié en 1982 sous forme de roman graphique. Panini le réédite depuis janvier 2020, 96 pages à 16 €.

Le récit est frontal et politique. Rien n’y a vieilli. Il consacre la moitié de sa pagination à une discussion sur la foi et la peur de l’autre, ce que peu d’albums de super-héros tentent aujourd’hui, et un lecteur que ça laisse froid peut refermer le dossier X-Men sans remords.

Six titres qui se ressemblent

Voilà le vrai piège du rayon, et il se paie en caisse. Deux de ces couples portent presque le même nom sans avoir le moindre rapport entre eux, et un troisième désigne une seule et même série sous deux titres.

Titre américain

Période

Auteurs

Ce que c'est réellement

The X-Men, 1963

Depuis septembre 1963

Lee et Kirby, puis Claremont

La série d'origine. Sa couverture ajoute la mention « The Uncanny » à partir du numéro 114, en octobre 1978, et le titre lui reste

X-Men, 1991

À partir d'octobre 1991

Chris Claremont et Jim Lee

Une deuxième série lancée en parallèle de la première. Son numéro 1 reste le comic le plus vendu de l'histoire selon le Guinness World Records, avec 8,1 millions d'exemplaires

New X-Men, 2001

Juillet 2001 à juin 2004

Grant Morrison et Frank Quitely

Pas une nouvelle série : la série de 1991, rebaptisée le temps du passage de Morrison, des numéros 114 à 156. Elle reprend son ancien titre au 157

New X-Men : Academy X, 2004

Juillet 2004 à mars 2008

Nunzio DeFilippis et Christina Weir

46 numéros consacrés aux élèves de l'institut. Aucun rapport avec la précédente, malgré le titre

Astonishing X-Men, 1995

Mars à juin 1995

Scott Lobdell et Joe Madureira

4 numéros à l'intérieur du crossover l'Ère d'Apocalypse, pendant lequel toutes les séries mutantes ont changé de nom et de numérotation

Astonishing X-Men, 2004

2004 à 2008

Joss Whedon et John Cassaday

24 numéros et un Giant-Size. L'album conseillé plus haut

Les titres français ne recouvrent pas toujours les titres américains, et c’est parfois un service rendu. Panini publie le passage de Morrison sous le nom de ses auteurs, X-Men par Morrison et Quitely, en Marvel Icons à 36,95 € le volume : impossible de le confondre avec autre chose. Academy X a paru dans une revue au titre entièrement distinct, Maximum X-Men. Quant aux quatre numéros de 1995, ils reviennent en février 2026 dans le Marvel Poche consacré à l’Ère d’Apocalypse, un pavé d’environ 400 pages à 9,99 € qui regroupe la quinzaine de séries du crossover.

Le même récit, trois prix

Les douze premiers épisodes d’Astonishing X-Men existent aujourd’hui sous trois emballages différents chez le même éditeur. Le contenu est identique. L’écart de prix va de un à quatre et demi.

Édition

Parution

Prix

Marvel Icons, cartonné grand format

Novembre 2015

36 €

Marvel Must-Have, cartonné, sous le titre Surdoués

Avril 2021

19,95 €

Marvel Poche, broché, 320 pages

Septembre 2024

7,99 €

Le cartonné tient mieux sur une étagère, se relit sans se déformer et rend le dessin de Cassaday à une taille confortable. Voilà de bons arguments pour qui a déjà décidé d’aimer la série. Pour un premier achat, payer quatre fois plus cher un livre qu’on n’est pas sûr de finir n’a aucun sens.

La règle vaut au-delà de cet exemple. Devant deux albums qui portent le même titre, retournez-les et comparez la ligne des épisodes américains, celle du genre de « Contient les épisodes US Uncanny X-Men (1963) 129-137 ». Le contrôle prend dix secondes. Si les numéros se recoupent, c’est le même livre dans deux costumes, et le moins cher fait le même travail.

L’Intégrale : le tome 1 commence en 1975

Beaucoup de lecteurs méthodiques repèrent la collection L’Intégrale, cartonnée, une année américaine par volume, et se disent qu’ils tiennent enfin l’ordre. Le tome 1 les attend au tournant : il couvre 1975 et 1976, et contient Giant-Size X-Men numéro 1 plus les épisodes 94 à 102 de la série. Les débuts de Claremont, donc. Pas les débuts des X-Men.

Les douze premières années sont ailleurs. X-Men : L’Intégrale 1963-1964, 192 pages de Lee et Kirby avec les épisodes 1 à 8, porte le numéro de tome 10. L’explication est simple. La collection a démarré sur la période Claremont, et l’origine s’est ajoutée après coup, sans que rien soit renuméroté.

Autre chose à savoir avant de s’y engager : les volumes tournent autour de 36 €, l’année 1991 occupe à elle seule deux tomes, et la collection compte des dizaines de titres. Un lecteur ordonné y voit la réponse à tous ses problèmes de chronologie. En réalité, elle s’adresse à qui relit, pas à qui découvre.

L’ordre, en quatre temps

  1. Un volume, jusqu’au bout. Celui que vous avez choisi. Tant qu’il n’est pas fini, rien d’autre n’entre à la maison.
  2. Le tome suivant de la même chose. Astonishing X-Men 2, ou Futur Antérieur après La Saga du Phénix Noir. On installe une habitude avant d’élargir.
  3. Une deuxième époque, choisie au hasard de ce qui vous attire. Les années Claremont, le passage de Morrison, la période récente. L’ordre entre elles importe peu : chaque album rappelle ses prémisses en quelques pages, et les auteurs écrivent en sachant qu’un lecteur sur deux débarque en cours de route.
  4. Les gros morceaux, une fois la lecture devenue un réflexe. House of X / Powers of X, de Jonathan Hickman, Pepe Larraz et R.B. Silva, réunit les douze épisodes qui ont ouvert en 2019 l’ère dite de Krakoa. Panini le vend en Marvel Deluxe, 448 pages, autour de 34 €, et il existe une version Absolute de 552 pages à 75 €. C’est un excellent livre et une très mauvaise première lecture : il joue avec l’histoire mutante des soixante années précédentes.

Aucune de ces étapes n’impose de respecter la chronologie interne. Personne n’a tout lu, y compris les auteurs en poste. On ne rattrape rien. Le lecteur qui attend d’être à jour pour commencer ne commence jamais.

Ce qu’il y a en rayon à l’été 2026

Un débutant qui cherche « le dernier tome de X-Men » tombe sur une revue et repart perplexe. Il a raison de l’être. Depuis janvier 2025, Panini publie la production courante dans un périodique bimensuel qui a repris au numéro 1, vendu 16 € en souple et 22 € en version cartonnée collector. Il s’appelle en août 2026 X-Men : Shadows of Tomorrow, et il fait 176 pages.

Regardez le sommaire du numéro 3, sorti le 5 août 2026 : X-Men (2024) 25 et son Annual, Wolverine (2024) 16, Inglorious X-Force 2, Rogue 2, Moonstar 1 et un numéro anniversaire de Black Panther. Sept séries américaines dans un même fascicule, chacune au milieu de son intrigue. La revue est excellente. C’est le format idéal pour suivre l’actualité mutante quand on la suit déjà, et le pire endroit où entrer.

La période elle-même n’aide pas. Les séries en cours sont nées d’une relance de 2024, baptisée From the Ashes, qui a clos l’ère de Krakoa : X-Men par Jed MacKay et Ryan Stegman en juillet, Uncanny X-Men par Gail Simone et David Marquez en août, Exceptional X-Men par Eve Ewing et Carmen Carnero en septembre. Depuis avril 2026, Panini publie par-dessus l’événement Age of Revelation, sept périodiques étalés sur quatre mois, qui se déroule dans un futur alternatif dominé par un mutant devenu maître des États-Unis. Un débutant y perd pied en trois pages.

Pour qui veut malgré tout de la production récente en album, Panini annonce pour octobre 2026 deux volumes Marvel Deluxe, l’un consacré au X-Men de MacKay, l’autre à l’Uncanny X-Men de Simone. Un album se choisit plus facilement qu’une revue. On voit ce qu’on achète, et il s’arrête quelque part, ce qu’une revue ne fait jamais.

Quatre façons de rater son entrée

  • Attaquer par l’Intégrale. Des dizaines de volumes à 36 € pièce, dans un ordre qui n’est pas celui qu’on croit. La collection récompense le lecteur installé et punit le curieux.
  • Confondre deux Astonishing ou deux New. Vérifiez les auteurs et l’année de la série avant la caisse, jamais la couverture seule.
  • S’abonner à la revue en cours. Sept séries entamées par numéro, et un événement en travers. On y revient plus tard, avec plaisir.
  • Commencer par un récit qui joue avec la continuité. House of X / Powers of X retourne soixante ans d’histoire mutante. C’est un livre pour qui a déjà des souvenirs. En première lecture, on ne voit tout simplement pas ce qui se joue.

Questions fréquentes

Faut-il avoir vu les films ?

Non, et une bonne connaissance des films peut même gêner. Ils fusionnent des versions différentes d’un même personnage et compriment en deux heures des intrigues étalées sur des années. Le spectateur retrouve des noms et quelques scènes, dans un agencement qui n’a plus grand-chose à voir. Deux albums font exception : Dieu crée, l’Homme détruit a nourri le deuxième film de la série, et la Saga du Phénix Noir en a inspiré deux à elle seule.

Quelle différence entre X-Men et Uncanny X-Men ?

À l’origine, aucune. C’est la même série, dont la couverture s’est enrichie d’un adjectif en 1978. La distinction devient réelle en octobre 1991, quand Marvel lance une seconde série intitulée X-Men tout en poursuivant la première sous le nom d’Uncanny X-Men. Deux équipes, deux histoires. Les titres coexistent depuis presque sans interruption, y compris aujourd’hui, avec le X-Men de Jed MacKay et l’Uncanny X-Men de Gail Simone.

Que veut dire « run » dans les discussions de lecteurs ?

La durée pendant laquelle une même équipe d’auteurs tient une série. Le mot revient sans arrêt chez les lecteurs de mutants, parce que la franchise se raconte comme ça : le run de Claremont, seize années d’affilée à partir de 1975, le run de Morrison, trois ans. Un run a un commencement et une fin, ce que n’ont ni un personnage ni un titre. En librairie, demander quel run donne de meilleures réponses que demander quel tome.

Combien coûte une entrée sérieuse dans la franchise ?

Les deux tomes poche d’Astonishing X-Men à 17,98 €, puis La Saga du Phénix Noir et Futur Antérieur à 33,95 €. Comptez 51,93 € pour un récit moderne complet et les deux classiques les plus cités, dans leur ordre de parution. Beaucoup de bibliothèques démarrent moins bien.

Peut-on lire les X-Men en français sans acheter ?

Les médiathèques ont bâti de vrais fonds comics, et les albums Panini y circulent. Côté numérique, plusieurs abonnements légaux incluent une partie du catalogue Marvel en français. Les sites qui affichent gratuitement les séries récentes en VF travaillent, eux, à partir de traductions faites par des lecteurs et diffusées sans accord de l’éditeur : le sommaire a l’air complet, le lettrage et la qualité d’image beaucoup moins.

Par quel personnage commencer, si on n’en connaît qu’un ?

La question se pose souvent pour Wolverine, qui a ses propres séries depuis les années 1980. Elles se lisent, mais elles racontent autre chose : un solitaire en cavale, là où les X-Men racontent un groupe. Quelqu’un qui vient pour Wolverine le trouvera au centre de la porte d’entrée conseillée ici, et découvrira les autres au passage.

Écrit par Kenji