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Gals can't be kind to Otaku ?! Vol.1 : Le manga qui dépasse ses propres clichés

Kenji 6 min de lecture

Gals can't be kind to Otaku ?! débarque en France chez Shiba Edition juste avant son anime prévu pour avril au Japon. Cette tranche de vie lycéenne suit Takuya, un otaku qui cache sa passion pour un anime de magical girls, découvert par deux des filles les plus populaires de son lycée. Malgré une accumulation de poncifs typiques et un triangle relationnel ultra-classique, cette série de Norishirochan et Sakana Uozumi parvient à dégager une vraie bienveillance et évite les écueils du fan service gratuit qui plombent trop souvent ce genre de récits.

De quoi ça parle vraiment ?

Le pitch sans bullshit

Takuya Seo est lycéen, solitaire, et planque à tout le monde qu'il est otaku — pire, qu'il adore Kiramon, un anime pour petites filles. Un jour, deux camarades découvrent son secret : Kei Amane, la beauté inaccessible du lycée qui est secrètement hyper fan de Kiramon aussi (mais prétend que c'est pour sa petite sœur), et Kotoko Ijichi, une gyaru solaire et sociable qui décide de s'intéresser à l'anime à son tour. Résultat : une amitié inattendue entre un otaku coincé et deux "reines du lycée" qui partagent finalement la même passion.

Un triangle relationnel ultra-classique

On ne va pas se mentir : le setup est vu et revu. Le mec discret et timide + les deux filles les plus canons du lycée qui s'intéressent soudainement à lui = bingo du cliché. Mais contrairement à ce que le titre laisse penser, l'histoire ne joue pas sur les malentendus ou les humiliations. Les deux héroïnes sont bienveillantes dès le départ, et c'est justement ce qui change tout.

Les points qui coincent (oui, y'en a)

Des poncifs à la pelle

Le volume accumule les vieux clichés sur la culture otaku avec ses encarts "particularité d'otaku" qui peuvent vite devenir lourds. Kei sort l'excuse "c'est pour ma petite sœur" toutes les trois pages pour justifier ses connaissances sur Kiramon — un running-gag qui aurait pu être mignon s'il était mieux dosé, mais là c'est trop.

Un format répétitif

Chaque chapitre se découpe en plusieurs mini-épisodes de quelques pages, ce qui donne un rythme un peu saccadé. Et bien sûr, Takuya ne peut pas s'empêcher de se demander pourquoi des filles aussi populaires traînent avec lui, page après page.

15-20 ans de retard ?

Par certains aspects, la série semble sortir tout droit des années 2000. Et pourtant, même à l'époque, Genshiken (qu'on adorerait voir réédité en France, au passage) traitait la culture otaku avec plus de nuance. Ici, on reste dans le basique.

Ce qui marche (et c'est pas rien)

Une vraie bienveillance entre les personnages

Malgré les clichés de départ, les deux mangakas arrivent à créer quelque chose d'attachant. Takuya et Kei trouvent enfin quelqu'un avec qui partager leur passion sans honte, tandis que Kotoko devient le liant solaire qui empêche le duo de devenir trop renfermé. Les étapes classiques (échange de contacts, premières sorties, passage chez Takuya) sont traitées avec une douceur qui fonctionne.

Pas de fan service dégueulasse (enfin presque)

Et c'est là que la série se démarque vraiment de ses concurrentes. Kei et Kotoko sont certes jolies, et Takuya le remarque, mais les auteurs ont le bon goût d'éviter le voyeurisme gratuit. Pas de situations gênantes, pas de sexualisation outrancière, pas de gestes déplacés. Le lien qui se construit reste respectueux (avec quelques taquineries innocentes de Kotoko). Ça fait du bien.

Un premier tome qui pose des bases saines

Une fois qu'on a digéré les poncifs, le volume se lit plutôt bien. Les bonnes ondes et la bienveillance générale rendent l'ensemble attachant. Reste à voir si la série confirmera sur la longueur — d'où l'intérêt de la sortie simultanée du tome 2.

L'édition française par Shiba Edition

Une copie soignée

La jaquette reste fidèle à l'originale japonaise, le logo-titre est bien adapté, l'impression est convaincante et le papier allie épaisseur, souplesse et opacité. La traduction de Marina Bonzi fonctionne super bien avec un parler moderne et naturel qui colle aux personnages. Le lettrage de Nicolas Willame est propre.

L'écrin collector en édition limitée

Pour le lancement, Shiba propose un écrin collector qui réunit les deux premiers tomes sans augmentation de prix, avec une illustration exclusive en bonus. Le timing est bon avec l'anime qui arrive.

Le gros bémol de l'illustration bonus

Seul vrai problème : l'illustration exclusive imprimée au verso de l'écrin sexualise beaucoup trop les deux héroïnes (qui sont des lycéennes, rappelons-le), alors que justement le volume évite cet écueil. Dommage de gâcher l'effort avec ça.

Pour qui c'est fait ?

Si t'aimes les tranches de vie lycéennes bienveillantes et que tu cherches un truc feel-good autour de la culture otaku, ça peut passer. T'as aimé Horimiya ou My Dress-Up Darling ? Y'a un peu de cette vibe-là, mais en moins ambitieux. Par contre, si t'as besoin d'originalité narrative ou que les clichés te gonflent rapidement, ce sera peut-être compliqué.

Le manga compte déjà 12 volumes au Japon (en cours depuis dans le magazine Comic Zenon des éditions Coamix), donc y'a de quoi faire si l'histoire te branche.

Le verdict honnête

Gals can't be kind to Otaku ?! ne révolutionne rien du tout, trimballe son lot de poncifs et aurait pu sortir il y a quinze ans sans surprendre personne. Mais derrière cette façade datée, y'a un triangle relationnel qui dégage suffisamment de bonnes vibes pour rendre l'ensemble attachant. Le respect entre les personnages, l'absence de fan service lourd et la sincérité de leur amitié naissante font qu'on lui pardonne ses défauts de jeunesse.

C'est pas le manga de l'année, mais c'est une lecture agréable si t'as envie de quelque chose de léger et bienveillant. À voir si les tomes suivants confirmeront ou si la série va retomber dans ses travers. L'anime arrive en avril au Japon, on verra si les plateformes françaises suivront en simulcast.

Écrit par Kenji