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Clip Studio Paint ou Procreate pour dessiner un manga sur tablette

Kenji · 9 min de lecture
Clip Studio Paint ou Procreate pour dessiner un manga sur tablette

La réponse en trois lignes. Vous avez déjà un iPad et vous voulez dessiner : Procreate, 14,99 € payés une seule fois. Vous montez des planches avec des cases, des bulles et un chapitrage : Clip Studio Paint EX, 68,99 € par an sur tablette, sachant qu’aucune licence à vie n’existe sur iPad. Vous travaillez sur une tablette Android, une Galaxy Tab ou un Chromebook : la question ne se pose pas, Procreate n’existe nulle part ailleurs que chez Apple.

Les montants qui suivent ont été relevés le 12 août 2026 sur la fiche App Store française de chaque application et sur les pages de vente de Clip Studio. Ils bougent, et ceux qu’on lit en dollars datent souvent de plusieurs années.

Sur quelles machines chacun tourne

Ce point règle la moitié des cas sans discussion possible, autant commencer par lui. Procreate est une application iPad. Son éditeur australien, Savage Interactive, n’en a jamais sorti de version Windows, macOS ou Android. La fiche App Store donne la version 5.4.12, mise à jour le 27 juillet 2026, avec iPadOS 16.3 réclamé au minimum : un iPad acheté ces cinq dernières années passe sans problème. Une application distincte, Procreate Pocket, couvre l’iPhone pour 6,99 €.

Clip Studio Paint, édité par le japonais CELSYS, tourne sur Windows, macOS, iPad, iPhone, Galaxy, Android et Chromebook. Le fichier ouvert sur la tablette du salon se reprend le soir sur le PC, à condition que l’abonnement couvre les deux appareils.

MachineProcreateClip Studio Paint
iPadOuiOui
Tablette Android, Galaxy TabNonOui
ChromebookNonOui
Windows, macOSNonOui
iPhoneProcreate Pocket, application séparéeOui

Si votre tablette n’a pas de pomme au dos, arrêtez-vous là. Le comparatif n’a plus d’objet, et les alternatives gratuites à Clip Studio se cherchent du côté de Krita ou de MediBang Paint.

Ce que chacun coûte

Procreate se vend 14,99 € sur l’App Store français. On paie une fois, il n’y a ni abonnement ni option à débloquer plus tard, et le tarif reste le même qu’on dessine en amateur ou qu’on publie.

Clip Studio Paint fonctionne autrement, et sa grille demande deux minutes d’attention. Deux versions coexistent, PRO pour l’illustration et EX pour la bande dessinée. Deux modes de paiement aussi, mais ils ne couvrent pas les mêmes machines. La licence perpétuelle ne concerne que Windows et macOS. Sur iPad, sur Android et sur Chromebook, il n’existe que l’abonnement, mensuel ou annuel. Acheter Clip Studio Paint une fois pour toutes sur tablette est impossible.

FormuleMachines couvertesPrix
ProcreateiPad14,99 €, achat unique
Procreate PocketiPhone6,99 €, achat unique
Clip Studio Paint PRO, plan Solo1 appareil, toutes plateformes3,99 €/mois ou 25,49 €/an
Clip Studio Paint PRO, plan Duo2 appareils6,49 €/mois ou 33,99 €/an
Clip Studio Paint EX, plan Solo1 appareil, toutes plateformes7,99 €/mois ou 68,99 €/an
Clip Studio Paint EX, plan Duo2 appareils11,49 €/mois ou 93,99 €/an
Clip Studio Paint PRO, licence 5.0Windows et macOS seulement52,99 €, achat unique
Clip Studio Paint EX, licence 5.0Windows et macOS seulement233,99 €, achat unique

Sur trois ans d’iPad, comptez 14,99 € pour Procreate, 76,47 € pour Clip Studio Paint PRO en formule annuelle et 206,97 € pour EX. L’écart n’a rien de scandaleux vu ce qu’EX fait de plus. Encore faut-il le connaître avant de s’engager, plutôt que de le découvrir au troisième prélèvement.

Un essai adoucit l’entrée chez Clip Studio. Sa page de téléchargement annonce jusqu’à trois mois gratuits sur iPad, Galaxy et Chromebook, six mois sur Windows, macOS et Android. Sur smartphone, le service d’assistance de Clip Studio décrit un régime à part : trente heures de dessin offertes chaque mois, avec toutes les fonctions d’EX, et le compteur repart à zéro le premier du mois. De quoi crayonner dans le train sans rien payer. Procreate se paie avant d’être essayé, et l’App Store n’en propose aucune démonstration.

Ce que change une planche avec des cases et du texte

Tant qu’on dessine une image isolée, les deux applications se valent et le choix devient affaire de goût. Le jour où l’image devient une page, puis un chapitre, l’écart se creuse d’un coup.

Clip Studio Paint a été écrit pour ça

Les deux versions, PRO comme EX, embarquent d’origine le découpage de cases, l’outil texte et ses bulles de dialogue, les trames et demi-tons, les lignes d’action et de vitesse, les règles de perspective et une bibliothèque de mannequins 3D à poser dans le décor. Une bulle se dessine en un geste et se retaille ensuite sans redessiner le contour. Une trame se pose en remplissant une zone, et sa densité se corrige la veille du rendu.

EX ajoute par-dessus ce qui relève du volume plutôt que du dessin. La gestion de pages affiche toutes les planches d’un chapitre à la fois, et l’éditeur d’histoires reprend d’un seul coup l’ensemble des dialogues d’une page, ce qui évite de rouvrir vingt fichiers pour corriger le nom d’un personnage. L’export webtoon découpe les bandes défilantes pour la lecture au téléphone. L’export PDF et ebook y est réservé lui aussi, comme l’animation sans plafond, quand PRO s’arrête à 24 images. Un chapitre de trente planches tient alors dans un seul fichier au lieu de trente.

Procreate s’en sort mieux qu’on ne le dit

Sa réputation d’application d’illustration pure mérite deux corrections, toutes deux vérifiables dans le manuel officiel de Procreate.

  • Page Assist transforme les calques d’un document en pages, alignées sur une frise chronologique qu’on parcourt page après page. L’ensemble s’exporte en PDF multipage, où chaque calque devient une page du fichier.
  • Le réglage Halftone convertit une zone en demi-teintes tramées, et l’outil Texte existe depuis longtemps, avec choix de police et réglages de style.

Les cadres, les bulles prêtes à l’emploi et les calques vectoriels manquent à l’appel. Les bulles se dessinent donc à la main ou s’importent en pinceau maison, et un trait tracé reste un trait de pixels qu’on ne pourra ni affiner ni redresser après coup. Sur une page ou deux, on s’accommode. Sur un chapitre entier, la répétition se paie en heures de travail.

Deux limites qu'on découvre en route

La première guette les utilisateurs de Procreate. Le nombre de calques disponibles dépend de la mémoire vive de l’iPad et des dimensions en pixels du canvas. Le centre d’aide de Procreate est clair là-dessus, au point de fournir un calculateur pour estimer ce plafond avant de commencer. Une planche montée en grand format pour l’impression ouvre donc parfois moins de calques qu’un simple croquis d’écran, et le plafond se fixe à la création du document. On ne l’augmente pas ensuite. Un iPad récent règle la question, un modèle d’entrée de gamme un peu ancien la repose à chaque planche.

La seconde attend les acheteurs de licence Clip Studio sur ordinateur. Cette licence porte un numéro de version, aujourd’hui la 5.0, et ne suit pas les suivantes. Le passage de la 4.0 à la 5.0 est facturé 23,99 € en PRO et 69,99 € en EX, celui de PRO vers EX 181 €. Un pass de mise à jour annuel existe à côté, 10,49 € pour PRO et 27,99 € pour EX. La formule « achat unique » veut donc dire « acheté une fois pour cette version-là », et l’abonnement rattrape son retard plus vite qu’on ne l’imagine.

Se servir des deux

Beaucoup d’auteurs ne tranchent pas. Ils crayonnent et encrent dans Procreate, pour le confort du geste et la latence quasi nulle du trait, puis exportent en PSD. Le manuel de Procreate liste ce format parmi ses exports, à côté du PDF, du TIFF, du PNG et du JPEG. Le fichier s’ouvre ensuite dans Clip Studio Paint avec ses calques, où se font le découpage des cases, le lettrage et l’assemblage du chapitre.

Le montage revient alors à 14,99 € une fois, plus 68,99 € par an tant qu’on publie. C’est la solution la plus confortable pour qui aime le trait de Procreate sans vouloir lettrer à la main, et elle coûte évidemment plus cher qu’un seul logiciel. Une variante existe pour les budgets serrés : garder Procreate pour le dessin et faire le montage sur MediBang Paint, qui est gratuit.

Alors, lequel prendre

Votre situationCe qu'il vaut mieux prendre
Vous débutez, vous avez un iPad, vous ignorez si vous tiendrez six moisProcreate. 14,99 € une fois, rien à résilier si vous décrochez.
Vous dessinez des illustrations, des fan arts, des couverturesProcreate suffit largement.
Vous publiez un one-shot ou une série avec des pages numérotéesClip Studio Paint EX, pour la gestion de pages et l'éditeur d'histoires.
Vous faites du webtoon en défilement verticalClip Studio Paint EX. Les préréglages et l'export découpé n'existent que là.
Vous alternez tablette et ordinateurClip Studio Paint, plan Duo, qui couvre deux appareils.
Votre tablette n'est pas un iPadClip Studio Paint, ou Krita et MediBang Paint si le budget est nul.

Reste une chose que ni la grille de prix ni la liste des fonctions ne dira. Le logiciel ne fait pas la planche. Un auteur qui connaît Procreate par cœur sortira un meilleur chapitre qu’un débutant équipé d’EX, et changer d’application tous les trois mois coûte plus de temps que n’importe quelle fonction n’en fait gagner. Prenez celle que votre machine accepte, tenez-vous-y le temps de remplir un carnet, et rouvrez la question le jour où une limite précise vous gêne pour de bon.

Questions fréquentes

Peut-on acheter Clip Studio Paint définitivement sur iPad ?

Non. La licence perpétuelle ne s’applique qu’à Windows et macOS. Sur iPad, Android et Chromebook, seuls les plans mensuels ou annuels donnent accès à l’application.

Faut-il un Apple Pencil pour Procreate ?

L’application se pilote au doigt, mais la variation d’épaisseur du trait selon la pression demande un stylet. Le modèle d’Apple Pencil qui convient dépend de la tablette, ce qui se vérifie chez Apple avant l’achat.

PRO ou EX pour du manga ?

PRO gère les cases, les bulles et les trames, ce qui suffit pour une planche isolée ou un court récit monté page par page. EX devient utile dès qu’un chapitre existe en tant que tel, puisqu’il ouvre la gestion de pages, l’éditeur d’histoires et l’export webtoon.

Les fichiers passent-ils de l’un à l’autre ?

Oui, par le PSD, que les deux applications lisent et écrivent en conservant les calques. Les effets propres à chacune ne survivent pas toujours au passage, et les textes reviennent parfois aplatis.

Combien coûte Procreate pour l’iPhone ?

Procreate Pocket se vend 6,99 € sur l’App Store français. C’est une application séparée : l’achat de la version iPad ne l’inclut pas.

Écrit par Kenji